22 janvier 2016 : Amina et sa mère nous reçoivent dans leur petite boutique de frippes et de bricoles ménagères. Depuis une semaine, à cause de la tension, le père d’Amira lui défend de se rendre à l’école dans le centre. Trop dangereux. La jeune fille de 18 ans passe donc ses journées à Karma à contempler les moutons manger les sacs plastique et les ordures qui s’amoncellent. Amira n’a pas le droit de s’aventurer trop loin dans le quartier. Ordre de sa mère, cette fois. Cette dernière qui tient une minuscule boutique, veut l’avoir à portée de regard : «Amira, je ne veux pas qu’elle subisse du harcèlement dans la rue à cause des jeunes. Ses deux frères m’inquiètent aussi. Leur père les a autorisés à aller à l’école mais elle ferme l’après-midi. Je ne veux pas qu’ils en profitent pour aller manifester, ni pour se faire approcher par des terroristes.» L’ombre jihadiste est devenue source de terreur ou d’aubaine pour les familles pauvres de Kasserine.
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