7 octobre 2017 : Afraa Ben Azza avec l'équipe d'organisation du Festival. Afraa Ben Azza n’a que 19 ans, mais déjà une solide réputation d’activiste qui se bat sur tous les fronts, pour la sauvegarde du patrimoine de la cité historique du Kef, pour la préparation d’un festival du court-métrage comme pour l’émancipation des femmes. Afraa vit « librement ». Les interpellations de la police lorsqu’elle manifestait n’ont fait que renforcer sa détermination « J’ai fait ma révolution contre un système patriarcal machiste. J’ai construit mon entourage », avance-t-elle fièrement. Devant la poigne et l’obstination de la frêle jeune femme, ses parents ont fini par battre en retraite et admettre son insolente indépendance. A 16 ans Afraa a déposé plainte contre son frère de 22 ans auprès des services de protection de l’enfance. « J’ai été battue par mon frère pour avoir porté plainte ». Depuis l’âge de 13 ans, parce qu’elle fulminait contre la ségrégation entre hommes et femmes à la maison, son frère la battait pour la remettre dans le droit chemin de la soumission avec, si ce n’est l’assentiment, le laisser faire de ses parents. « Tout était bon pour être frappée ». Son fiancé, le célèbre blogueur activiste Aziz Amami, l’une des figures du soulèvement de 2011, juge bon d’ajouter : « il est normal qu’un frère éduque sa sœur ». Et d’expliciter : « en tunisien frapper se dit éduquer ».
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