Elles s'entraînent quotidiennement dans une salle qu'elles partagent avec l'équipe masculine, avec des gants décousus et des sacs fatigués. Depuis les titres de Rim Jouini, la boxe féminine tunisienne compte plus de cinq cents licenciées et rapporte des médailles internationales dans toutes les catégories. Pour ces jeunes filles, mettre les gants est autant un sport qu'une façon de choisir sa vie.
Reportage
Photographies et légendes : Images de Tunisie. Reportage complet disponible sur demande, y compris les images non retenues dans ce montage.
Première Tunisienne sur un podium international — bronze aux championnats du monde amateurs de 2010, sélectionnée pour Londres en 2012 — elle entraîne aujourd'hui l'équipe nationale féminine. Elle dit se revoir dans ses boxeuses : à leur âge, elle fraudait dans le métro pour ne pas manquer une séance.
Les moyens
Un ring pour deux équipes
Gants décousus, sacs fatigués, maillots qui ne sont pas aux couleurs nationales : le sport pèse 1,67 % des dépenses de l'État et la boxe en reçoit la portion congrue. Le ring de la Cité sportive se partage à tour de rôle entre l'équipe féminine et l'équipe masculine — il n'y en a pas d'autre.
Sejnane
Championnes en trois mois
À deux cents kilomètres de la capitale, dans une ville des Mogods rongée par le chômage, un club a ouvert ses séances aux filles comme aux garçons. Trois mois plus tard, deux d'entre elles étaient championnes de Tunisie dans leurs catégories. Le club n'a toujours pas de ring.
500+
licenciées sur le territoire
9 h
d'entraînement mixte par semaine
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ring partagé par les deux équipes
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Rim Jouini, championne d'Afrique et médaillée de bronze aux championnats du monde 2010, entraîne l'équipe nationale féminine.
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Casque rouge d'entraînement, matériel usé et partagé d'une séance à l'autre.
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Assaut de deux boxeuses devant les miroirs de la salle, entre les plots de l'échauffement.
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Travail au sac derrière les cordes du ring, dans l'angle vert et rose du gymnase.
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Direct au visage lors d'un assaut sur le ring, la salle en activité derrière.
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Étirement au sol, allongée sur le tapis, à la fin de la séance.
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Le sac lourd renvoyé après la frappe, dans l'ancienne salle aux murs écaillés.
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Garde fermée derrière le sac, série de frappes en contre-jour.
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Corde à sauter, casque audio sur les oreilles, avant de passer aux gants.
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Quinze minutes de corde à sauter au bord du ring, maillot trempé.
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Chaussures de boxe en suspension : le détail qui dit l'usure des saisons.
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Devant une vitre du gymnase, les cheveux attachés avant l'entrée sur le ring.
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Une boxeuse suit l'assaut assise contre les cordes, l'entraîneur au coin opposé.
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Corps à corps en sweat et legging, sur le ring.
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L'entraîneur travaille la garde aux pattes d'ours, sous les fanions nationaux.
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Le ring occupé par plusieurs paires en rotation, l'entraîneur à droite du cadre.
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Direct du bras avant à travers les cordes, dernière reprise de la séance.
« Si tu boxes, c'est pour choisir ta vie. »
Rim Jouini, entraîneuse de l'équipe nationale féminine
PhotographiesNicolas Fauqué — Images de Tunisie
TexteLaura-Maï Gaveriaux, pour Les Échos Week-end
LieuxCité nationale sportive de Tunis
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